28 mars 2020 • 15H
Centre social Mer et colline

Le corps féminin dans l’espace public
Sociologie du voile en Tunisie

Meryem Sellami
Socio-anthropologue (université de Tunis)

De la France au Canada, et jusqu’en Iran, le voile islamique galvanise les passions et nourrit des débats foisonnants tant sur le plan politique qu’esthétique et religieux. Il oppose généralement les partisans de la laïcité et d’un féminisme universel, qui le cantonnent à un signe de sujétion des femmes à l’ordre patriarcal, à certains musulmans pour qui il relève d’un acte de foi et d’une allégeance à Dieu. Néanmoins, et malgré les contraintes, voir la répression, des jeunes femmes ont commencé à l’arborer  de leur plein gré au début des années 2000 comme d’autres l’ont fait en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Canada ou ailleurs… et continuent à le faire aujourd’hui.

De quoi ce voilement est-il le nom? À partir d’une enquête ethnologique, l’auteure propose de rendre compte des logiques internes du voilement. L’objectif de cette enquête était de déconstruire la perception stéréotypée du corps voilé, intrinsèquement liée à l’image archétypale de la femme orientale soumise, à travers les discours des jeunes filles qui ont choisi délibérément de l’adopter alors qu’elles étaient apriori « libres » de ne pas le faire.

Parcours
Meryem Sellami

Meryem Sellami est socio-anthropologue, enseignante à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis. Elle est chercheure associée au laboratoire Dyname, CNRS/Université de Strasbourg. Ses thèmes de recherche portent sur le genre, le rapport au corps, la construction de l’identité et les conduites à risque des adolescents. Elle a co-dirigé l’enquête nationale sur la violence fondée sur le genre en Tunisie menée par le CREDIF et l’ONU Femmes. Elle est auteure notamment de Adolescentes Voilées. Du corps souillé au corps sacré (Québec, PUL, 2014) et co-auteure de Jeunes et djihadisme. Les conversions interdites (Québec, PUL, 2016).